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11/26/2008 Complètement Crazy...
Cette chanson m'émeut toujours, de même que cette chorégraphie sublimée par la langue des signes ... Mélange de sensations auditives et visuelles, rappel de moments d'amitiés et d'échanges si indispensables... C'était avant que l'ami Découflé s'aventure du côté du Crazy Horse... J'ai tellement aimé ses petites pièces, ses partitions et enchantements musicaux et les soirées magiques des spectacles partagés avec des amis circonspects soudains séduits que je serais bien tentée d'aller voir s'il parvient, comme il le promet, à insufler à cette institution d'un autre âge, le vent d'une "revue de tableaux modernes et révolutionnaires". Ou quand Bourvil rencontre Découflé... 9/30/2006 Comme dans un fauteuilLes rayons étaient tellement proches l’un de l’autre que j’avais peur d’accrocher quelque chose en me retournant de l’un à l’autre. De la vaisselle colorée, des tas de trucs rouges et verts inutiles mais accrocheurs que j’empilais déjà dans mon panier, thésaurisant pour une table de fête. Elle regardait dans ma direction, comme si je l’empêchais de voir quelque chose qui l’intéressait. Impossible pour elle de se glisser entre les rayons avec son fauteuil roulant électrique. Brune, entre 40 et 50 ans, le regard vif, élégante, un peu sèche, elle m’a d’abord rembarrée lorsque je lui ai demandé si elle voulait que je me pousse ou que je l’aide. Piquante elle a ajouté « ce sont des trucs chinois je n’aime pas »… En effet il n’y avait là que des « chinoiseries »… J’ai souri et ajouté « Dans ce cas… ». On aurait dit une gamine qui cherche le contact mais fuit dès qu’il est établi. J’ai vu dans ses yeux défiler l’hésitation rageuse, oscillation entre l’envie de parler et la peur d’attirer une pitié polie et condescendante, un rien de ras le bol de devoir dépendre des autres et d’être regardée d’en haut. Comme si elle s'était lancé un défi "Allez aujourd'hui je vais chez Monop rien à péter..." Avisant un ustensile ressemblant à une boule de thé géante, elle a dit, toujours un peu agressive « j’ignore à quoi ça sert mais je doute que ça rentre dans une théière ». L’objet était très bas, à portée de son regard mais pas du mien. Je me suis baissée pour le voir. « Je crois que c’est pour le riz, ça cuit et ça fait passoire en même temps c’est marrant »… "Ah oui c'est amusant je n'y aurais pas du tout pensé...". Et nous avons devisé de l’intérêt ou non du sachet cuisson, avons comparé les couleurs des coussins chatoyants, tâté le pouf rose qui la tentait bien, sommes tombées en arrêt devant des flacons de porcelaine qu’elle ne pouvait atteindre. « On dirait le portrait de celle qui a précédé le dernier empereur vous ne trouvez pas… comment s’appelle-t-il déjà ? »… « Oui… Pu Yi »… Plus tard nous nous sommes croisées à la caisse. Son visage atteignait tout juste le comptoir et elle devait jongler avec le panier pour déposer ses achats. Elle est partie très vite après avoir payé, habile à manier son engin motorisé, s’est retournée pour me saluer et me souhaiter une bonne journée toujours abruptement mais avec un joli regard.
5/20/2006 Sweet crashElle sourit, songeuse. Elle est grande, ronde, moulée dans une robe courte et volantée en matière coton tee-shirt stretch kaki qui contraste avec sa peau noire. Le pied coincé dans des escarpins mode hauts et pointus, comme exigües, trop petits pour contenir leurs invités, son sac tendance posé sur les genoux, elle ballotte au gré des oscillations de la rame de métro, rêveuse.
Il est grand, plongé dans l’écoute d’une musique inaudible, l’écouteur de son ipod vissé dans l’oreille. Longue tige posée nonchalamment sur le siège dans une attitude à la fois attentive et distante du monde. Comme l’incarnation d’un état de transition entre l’adolescence et l’adulte : un moment rare en suspens que l’on contemple avec bonheur ou nostalgie, une lumière fragile et transitoire dont j’aime me repaître lorsqu’elle s’offre ainsi comme une éphémère.
Quel jolie réaction mêlée de gène et de surprise, sans agressivité, lorsqu’elle lui est presque tombée dessus, déstabilisée par le freinage brutal de la rame. Quels doux échanges de sourires et de regards, tantôt fuyants tantôt interrogateurs [l’aurait-elle prémédité ?], de mots d’excuses bafouillés, quel ballet de gestes économes quand il évitait comme il pouvait de contempler la cuisse dénudée frôlant sa joue dans la bataille.
Elle a quitté la rame telle un échassier instable mais digne sous les regards amusés mais pas moqueurs. Lui a replongé dans son écoute, plantant un peu plus ses grandes jambes sur le sol, pseudo décontracté mais sans forfanterie, pour se redonner une contenance, les joues rosies, un splendide sourire à peine esquissé et les yeux doux et rieurs un peu vagues… Beau, simplement
2/10/2006 L'éducation d'une féeElle est toute à sa joie, elle est sa joie, elle n’est qu’yeux rieurs hypnotisés par l’emballage de cellophane transparente qui crisse dans la main de sa mère qui tend l’objet très haut, trop haut pour elle et qu’elle voudrait tant saisir là tout de suite… Il y a moins d’une heure je l’ai croisée ouvrant la voie au cortège constitué d’une mère poussant un lourd landau et d’un rejeton plus petit traîné bruyamment par une seconde maman visiblement un peu lasse… Fière, du haut de ses probablement 5 ans, blonde douce et intense, oscillant entre les rondeurs d’une potentielle rondelette et l’esquisse d’une petite fille pas sage regardant par en-dessous le monde derrière une fine mèche rebelle avec une légère mou pleine de charme, elle avançait sans considération pour sa suite, visiblement absorbée dans la contemplation des manches de sa jolie et probablement neuve blouse rose, très rose…
Et je l’ai oubliée… jusqu’à l’apercevoir à nouveau devant chez l’abominable Disney… tout son royaume pour les ailes de tulle rose et la baguette de fée scintillante... tout mon maigre empire pour un moment d’une telle grâce, d’un tel absolu abandon à la joie non de posséder mais de devenir, d’être Clochette…
Jules Renard 7/17/2005 Ra petit peta petit pas petit busIl est des moments où l’on prend la pleine mesure du fait que l’on ne cesse jamais d’être un enfant, partageant avec lui une aspiration et un plaisir étranges à se voir raconter pour la nième fois une histoire lue, vue, et/ou entendue 1000 fois. Dis, raconte-moi une histoire… On connaît la chanson, l’intrigue, les personnages, leurs errances et leurs destinations parfois fatales. On cherche la répétition, le même, l’écho de plaisirs antérieurs en même temps que cette sensation anachronique de surprise et de nouveauté. Re-connaissance, redécouverte, re-naissance… L’Arlésienne, Le jeune homme et la mort et Carmen. Daudet, Cocteau, Mérimée, le tout emballé par un Roland Petit qui donna corps et esprit à des personnages dont presque tout le monde a connaissance même si elle n’est pas intime. Rajoutez comme cadre le lustre de l’Opéra Garnier vibrant des ondes paradoxales d’une dernière clôturant la saison des ballets. Voilà, le cocktail est grisant. Comme le spectacle de tous ces corps splendides en mouvement, de ces artistes plus ou moins aguerris qui délivrent leurs messages par métaphores dansées. L’orchestre Colonne les accompagne en direct sur des partitions de Bach ou Bizet. Costumes simples et beaux, décors sobres et codés : Van Gogh pour la Provence de Daudet, Cocteau pour lui-même et Picasso pour l’Espagne. C’est accessible même à celui que la danse rebuterait : petites pièces de 20 à 45 minutes entrecoupées d’entractes qui laissent à chacun le loisir de découvrir les lieux illuminés. Beaucoup de touristes japonais ou américains n’ayant pas hésité à s’offrir les meilleures places. Une vieille dame toute menue la tête couverte de bigoudis dissimulés sous un improbable foulard orange. Un ouvreur charmant et visiblement fan. Des jeunes filles en fleurs et en os venues contempler leurs idoles. Rien de révolutionnaire dans le domaine de la danse mais un très bon moment. Jérémie Bélingard ne me fera pas oublier Babilée dont la beauté très « Maraisienne » marquera à jamais la création commune de Cocteau et Petit. Il vole, agile et doué mais manque encore à mon sens de finesse dans le jeu pour que l’on ressente totalement ce qu’il est sensé faire vivre au delà de la prouesse physique et technique. Eleonora Abbagnato campe une mort vamp et plus en phase. Benjamin Pech offre un final époustouflant à l’Arlésienne peut-être un peu « opaque » et ténue pour qui ne connaît pas l’argument. Marie-Agnès Gillot irradie en Carmen un peu décalée. Pas de rouge ni de flamme dans son costume ou son attitude. Emprise un peu froide au final superbe, avec mise à mort théâtrale dans un combat d’arène presque animal. José Martinez la met en valeur, longiligne Don José un peu en retrait. Clap ! Bravi ! J’aime que l’on me raconte des histoires…
6/20/2005 Sic ad metam currimus omnes *Je l’entends mais ne la vois pas car l’automate auquel je m’escrime à faire cracher un affranchissement paquet simple se trouve à l’opposé. « Remarquez c’est comme mon frère, il a du avoir… ». Elle s’attarde, en fait elle n’a plus rien à demander à la demoiselle des postes qui écoute et la regarde avec un sourire bienveillant. C’est une petite dame très fine, cheveux blancs très courts, juchée sur la pointe des pieds - chaussés de spartiates dont dépassent des chaussettes beiges - pour arriver assez haut au niveau du guichet. Elle a l’air sympa la demoiselle du guichet, elle acquiesce tout en ne faisant rien pour encourager la poursuite de la conversation qui nuirait à sa productivité, quoiqu’à cette heure pour une fois ce n’est pas le rush. La dame n’abuse pas de sa gentillesse. Elle a eu sa petite conversation quotidienne, un regard et des sourires qui lui ont confirmé qu’elle n’était pas rien ni personne, le minimum vital peut-être dans sa journée… Elle repart d’un pas guilleret, sa robe bleue délavée dépassant d’un chandail hors d’âge. Temps délicieusement humain et lent dans la course de ma journée débilitante… Alors que je sortais, une jeune femme inconnue et très en « formes » armée d’un dossier de maternité lui aussi protubérant m’a fait un grand sourire… vous croyez qu’elle a senti que j’avais moi aussi soudainement besoin de ma ptite part d’humanité ? * Ainsi tous nous courons au but. 6/14/2005 BeautttttttttifulNon je n’ai pas vu « Les poupées russes ». J’ai juste entendu la douce et talentueuse Cécile de France en faire la promo chez Rebecca (oui encore elle). Joli duo de voix, d’humour et de sourires que l’on devine charmeurs et intenses alors que l’on n’a pas l’image…. Cécile raconte le plateau, les scènes tournées avec le sieur Duris, ses petits trucs et les tours de magie qui lui servent d’appui, Rebecca conte Cédric K. et son désir d’aller se balader aux zoo de Vincennes en référence aux indications qu’il donnerait aux acteurs genre « sois un peu plus gorille… » … Il se serait pas un peu foutu d’elle ? … Dans le film Cécile préfère les filles... Elles en parlent, comment éviter la caricature ? Tiens ça rappelle quand Rebecca s'est un peu frittée avec le patron de Pink TV... ça glousse doucement et c’est bon de sentir leur présence lointaine mais chaleureuse dans les embouteillages… A cause d’elles j’aurai la chanson de Keziah Jones « Beautiful Emilie » toute la journée dans la tête… kind of rhythm of love… « Got to talk to someone some day… »… belles images, voix splendide, je fonds loin des turpitudes d'un recettage informatique longuissime.... |
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